INCI ou comment lire une étiquette cosmétique

Savoir lire une étiquette d'un produit cosmétique

Je vous propose un article un peu technique, donc assez long, mais j’ai essayé de le rendre synthétique et il aura l’avantage, pour la personne qui le lira jusqu’au bout 🧐, de lui apprendre à décrypter la liste des ingrédients des cosmétiques qu’il utilise. On parle alors de la liste INCI.

Se libérer en lisant les étiquettes

Qu’est-ce que la fameuse liste « INCI » ? Sous cette abréviation un peu barbare se cache une quantité d’informations nécessaires à nous consommateurs.

Un peu d’histoire !

INCI signifie “International Nomenclature for Cosmetic Ingredients”, la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques. Les fabricants de produits cosmétiques ont l’obligation, selon une Directive européenne, d’afficher la liste des ingrédients de chaque produit sur son emballage de nos produits de beauté. Pour les fanatiques du détail des Directives et règlements européens, n’hésitez pas à vous rendre sur la page http://ec.europa.eu/consumers/cosmetics/cosing/
Mais sachez que la discussion remonte déjà à 1976 !

Comment lire la liste INCI ?

Tout d’abord, munissez-vous d’une bonne loupe car cette liste apparaît généralement en très petits caractères sur les emballages. Les composés sont mentionnés en latin ou en anglais, ce qui facilite le décryptage à travers l’Europe. N’ayez crainte, pas la peine de s’appeler Robert Langdon pour en déchiffrer les plus sombres secrets.

Retenez ceci : cette liste énonce la liste complète des composés contenus dans un cosmétique par ordre décroissant. Ainsi, si la liste commence par Aloe barbadensis Miller extract, c’est qu’un jus ou un extrait d’aloé vera est le composé le plus présent dans votre produit. En général, les 4 ou 5 ingrédients listés en premier représentent environ 70% du produit total. Toutefois, la liste INCI ne vous donnera jamais la quantité exacte contenue dans tel ou tel cosmétique.

Aussi, attention, un composé dosé à moins de 1% peut-être placé à peu près n’importe où vers la fin de la liste. A titre d’exemple, si vous avez 0.4% de methylparabène et 0.01% d’huile végétale d’argan, le fabricant peut très bien d’abord mentionner l’huile végétale d’argan et ensuite le methylparabène.

Mes cosmétiques sont-ils toxiques ?

Attention à l’amalgame entre CHIMIE et NOCIF… Nous ne sommes pas contre « la chimie » en général !

L’eau que nous buvons tous les jours est un ingrédient chimique ! Des échanges chimiques s’effectuent dans notre corps humain, etc. ! Ainsi NATUREL n’est pas antinomique de CHIMIQUE et un ingrédient dit NATUREL peut être NOCIF !
Nous pensons cependant que les ingrédients naturels (huiles végétales, huiles essentielles, argiles, miel, etc.) ont plus de SENS pour une cosmétique de qualité.

A priori, les cosmétiques mis en vente sur le marché ne sont pas toxiques en tant que tels pour l’Homme. Ils doivent tous répondre à des normes strictes.

Les autorités sanitaires compétentes veillent au grain… Néanmoins, régulièrement, on entend que ces mêmes autorités retirent des molécules ou baissent les taux des ingrédients des listes autorisées car ils s’avèrent problématiques (ex : aluminium et ses sels, filtres UV, libérateurs de formaldéhydes…). Certaines études dénoncent aussi le caractère perturbateur endocrinien de la majorité des ingrédients cosmétiques.

En outre, l’effet cocktail des cosmétiques (votre déo + votre shampooing + votre crème, etc…) n’est pas encore très bien étudié dans le domaine de la cosmétique. Il n’est bien souvent étudié que les molécules prises isolément… plus rarement dans leur contexte d’association, ce qui est très souvent le cas des cosmétiques ! Nous pensons qu’il serait vraiment nécessaire d’obtenir plus d’études sur ce fameux effet cocktail dans la gamme des cosmétiques… C’est pourquoi nous voulons consommer moins de cosmétiques, et les plus naturels possibles.

Ne vaut-il pas mieux « prévenir » que « guérir » ? Et vérifier dès nos achats que nos cosmétiques ne contiennent pas d’ingrédients potentiellement problématiques pour la santé ou pour la Planète ?

Les mauvais ingrédients dans la INCI

Les Huiles minérales :

Elles sont dérivées de la pétrochimie, de schistes… Ce sont des corps gras inertes pour la peau qui n’entrent pas en interaction avec elle. Ces huiles forment un film occlusif sur la peau qui empêche l’eau de s’évaporer. Elles possèdent un bilan écologique désastreux et sont peu chères pour le fabricant.
(Paraffinum liquidum, Cera microcristallina, Mineral Oil, Petrolatum, etc.).
Puisqu’elles n’apportent pas grand-chose à la peau et qu’elles sont polluantes, pourquoi les utiliser ?

Les Alcools gras et solvants :

Ils permettent de stabiliser et d’émulsionner les cosmétiques. Ces ingrédients de synthèse peuvent être irritants et sont polluants pour l’environnement. Ils possèdent en outre à peu près les mêmes caractéristiques que les huiles minérales.
(Methyl / Propyl / Caprylyl -alcohol, Alcool cétylique, Alcool stéarilique… etc)

Les Silicones :

Bien tolérés par la peau, ils apportent une douceur et une « glisse » supplémentaire aux cosmétiques. Néanmoins, ils ne nourrissent pas la peau et surtout, ils mettent des centaines d’années à se dégrader ! On les retrouve dans quasiment tous les cosmétiques conventionnels rinçables ou non, notamment les shampooings, les gels douche, le maquillage… (les silicones ont une terminaison en -one ou -ane : dimethicone, cyclohexasiloxane… etc)

Les Polymères :

lls possèdent à peu près les mêmes caractéristiques que les silicones en apportant une touche de douceur. Ils peuvent aussi servir d’émulsifiant. Ils sont obtenus à partir de chimie lourde et très polluante, avec l’usage de gaz toxiques.
(Repérez les grosses lettres ! PEG, PPG mais aussi -cellulose, crosspolymer, polypropylène…)

Les Sels d’Aluminium :

Agents anti-transpirants et sujets à polémique (cancérigènes ?), même l’ANSM invite à la mesure et a demandé des études complémentaires sur ces sels d’aluminium. Ils sont aussi suspectés d’avoir un impact sur le système nerveux à long terme. (Préfixe et Terminaison avec Aluminium)

Les SLS :

Tensioactifs (détergents), producteurs de mousse et émulsifiants, on les retrouve dans les gels douche, shampooings, dentifrices (et oui il se peut que vous en avaliez un peu tous les jours !)… Ils sont agressifs, irritants et desséchants pour la peau. (Sodium Laureth Sulfate et Sodium Lauryl Sulfate (ce dernier est plus irritant). Attention, on peut retrouver des SLS d’une certaine nature dans les gels et shampooings moussants certifiés bio. C’est un peu dommage et il faudra éviter.

Les Conservateurs polémiques :

Ils sont nécessaires pour les cosmétiques contenant de l’eau pour éviter les contaminations et développements bactériologiques et moisissures.

Les Parabènes : Suspectés d’être cancérigènes et largement médiatisés, ce sont les conservateurs les plus connus. Ils sont peu chers, stables et simples d’utilisation (les reconnaître : terminaisons en -paraben).

Les Alcools : Ils peuvent être d’origine naturelle et être autorisés en « bio ». Mais les origines de production peuvent être multiples et dans les produits conventionnels, on se méfiera de l’ingrédient « alcohol denat » (préfixe ou terminaison en -alcohol).

L’EDTA : C’est un conservateur et antioxygène dans l’industrie de la photo ou encore du papier. Il est aussi anti-tartre. C’est un poison et il est très polluant.
On le retrouve en fin de chaîne non détérioré dans les stations d’épuration…

Les Libérateurs de formaldéhyde :

Le formaldéhyde est aujourd’hui classé allergène et cancérigène mais qu’en est-il des ingrédients qui libèrent du formaldéhyde, au contact de l’eau ? Rappelons que les cosmétiques sont en grande partie à base d’eau ! (Les reconnaître : Quaternium 15, Quaternium 18, Polyquaternium 10, DMDM Hydantoin, Chlorphenesin,
Diazolidinyl uurea, Methylisothiazolinone…)

Les colorants polémiques :

CI suivi d’un chiffre est un colorant, naturel ou pas. CI75470 est le code pour le rouge carmin par exemple… Il est issu des femelles cochenilles que l’on doit tuer pour en obtenir le pigment rouge utilisé dans certains rouges à lèvres…. vous jugerez par vous-mêmes ! D’autres colorants sont réputés irritants ou allergisants. Pas facile de distinguer les colorants acceptables des autres, alors on limite un max !

Les parfums synthétiques :

« Parfum » ou « fragrance » dans la liste INCI désigne souvent un parfum synthétique !
Les parfums naturels à base d’huiles essentielles sont énumérés par le nom latin des plantes dont ils sont extraits. Si le parfum est bio, alors l’ingrédient s’écrit parfum* (l’* faisant référence aux ingrédients issus de l’agriculture bio ou certifiés bio).

Ne vous laissez pas berner par les slogans des grandes marques et dévorez plutôt la liste INCI, c’est votre seule clé pour comprendre la teneur du produit que vous allez acheter.

Si comme nous, vous êtes « slow addict », recherchez les produits qui ne trichent pas. Ceux-ci sont souvent certifiés bio mais aussi parfois 100% naturels sans être certifiés bio. A nouveau, la liste INCI vous en dira plus que les textes et les discours de la marque.

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