Le savon de Marseille véritable

Le savon de Marseille, une appellation sujette à controverses !

Le savon de Marseille est l’héritier direct du savon d’Alep. À l’origine, on le fabrique avec de l’huile d’olive et de la soude naturelle issue de la combustion d’une plante marine : la salicorne. À la fin du
XVIIe siècle, un édit promulgué par Colbert réserve le nom de « savon de Marseille » aux produits fabriqués uniquement à base d’huile d’olive (à 72 %) et dans la région de Marseille. Mais aujourd’hui, on est bien loin de cette recette originelle et même de cette origine géographique !

En effet, l’appellation « savon de Marseille » n’est pas une appellation d’origine contrôlée : elle correspond simplement à une méthode de fabrication, qui s’inspire de la méthode de fabrication originelle (voir encadré page suivante). Non protégée, la recette originelle a donc été copiée, largement détournée et la « marque », non protégée, savamment utilisée.

Résultat : l’Allemagne, l’Espagne, la Turquie ou la Chine sont aujourd’hui les leaders du marché… du savon de Marseille ! Dans la cité phocéenne, seules quelques savonneries – elles se comptent sur les doigts d’une seule main ! – fabriquent toujours du véritable savon de Marseille selon la méthode traditionnelle. Même en France, de nombreuses usines, qui se prétendent savonneries, ne font que fondre des copeaux de savon ou bondillons à base d’huile de palme venus d’Asie du Sud-Est avant d’y ajouter divers ingrédients naturels et de les mouler. Et pourtant, eux aussi bénéficient de l’appellation « de Marseille » !

Savon de Marseille : la définition officielle

Le nom de « savon de Marseille » ne s’applique pas à sa provenance mais à son procédé de fabrication. Selon la définition officielle approuvée par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) :

Le savon de Marseille est fabriqué en quatre étapes, basées sur la méthode historique de saponification dite « marseillaise » : empâtage ou saponification (mélange d’huiles végétales ou de soude), relargage ou lavage (à l’eau salée pour éliminer la soude), cuisson et liquidation (lavages et repos de la pâte).
Le savon de Marseille fini doit contenir 63 % minimum de matières grasses (huile d’olive, de palme, de coco…). Notez que l’utilisation de suif (graisse animale récupérée après l’équarrissage) est autorisée, sous réserve d’une qualité conforme au règlement européen CE 1774/2002 sur les dérivés animaux utilisables en cosmétique.

Il existe également une liste d’additifs autorisés (directive CE 76/768 relative à la mise sur le marché des produits cosmétiques, d’hygiène et de toilette) : colorants, conservateurs, parfums… Les tensioactifs de synthèse sont, eux, interdits.

Pour bénéficier de l’appellation « brut », le savon de Marseille ne doit contenir aucun additif, colorant ou parfum.

Comment bien choisir son savon de Marseille ?

On l’a vu, il y a savon de Marseille… et savon de Marseille ! Certains contiennent de la graisse animale, d’autres encore des parfums et des colorants de synthèse… on est donc bien loin de la croyance populaire qui veut que le savon de Marseille est 100 % naturel et uniquement fabriqué à base d’huile d’olive !

Pour être sûr de faire le bon choix, voici donc quelques conseils bien utiles :
Faites bien la différence entre le vrai savon de Marseille artisanal et le savon de Marseille industriel vendu dans les grandes surfaces.

Le premier se présente toujours sous la même forme : un gros cube (entre 300 g et 1 kg) avec la mention gravée : « 72 % d’huile », ainsi que le nom de la savonnerie. Il est fabriqué à base d’huiles d’olive, de coprah et de palme (dans ce cas, il est de couleur verte) ou à base d’huile de coprah, de palme et d’arachide, sans huile d’olive (d’où sa couleur blanche). Le savon de Marseille industriel, lui, peut également contenir du suif, ainsi que des additifs variés. Ne vous fiez pas à la seule appellation « savon de Marseille ».

Avant d’acheter, vérifiez la liste des ingrédients qui composent le produit et apprenez à décrypter les étiquettes !

Sodium olivate = huile d’olive
Sodium tallowate = suif (graisse animale)
Sodium cocoate = huile de coprah (ou coco)
Sodium palmate = huile de palme
Sodium palm kernelate = huile de palmiste
Sodium peanutate = huile d’arachide

Savon de Marseille ou savonnette ? Sachez que les savonnettes, aussi parfois appelées « savons de toilette », sont fabriquées à base de savon de Marseille (en copeaux) auquel on ajoute d’autres ingrédients : parfum, beurre de karité…

Attention également aux produits d’hygiène (gels douche, shampooings…) et d’entretien (lessives, sprays nettoyants…) estampillés « à base de savon de Marseille » ou « au savon de Marseille » ! De nombreuses marques surfent sur l’image de naturalité et d’efficacité qu’évoque le savon de Marseille, mais, en réalité, leurs produits en contiennent très peu. Mieux vaut acheter du vrai savon de Marseille pur (en bloc ou liquide) et l’utiliser tel quel ou s’en servir pour préparer ses propres produits d’hygiène ou d’entretien !

Le problème de l’huile de palme, dans le savon de Marseille

Aujourd’hui, la plupart des savons de Marseille industriels et artisanaux contiennent de l’huile de palme, issue du palmier à huile. La raison ? C’est aujourd’hui l’huile végétale la moins chère du marché, car c’est elle qui possède le rendement à l’hectare le plus élevé au monde. Or sa production intensive pose problème car elle aboutit à une destruction massive des forêts primaires d’Asie du Sud-Est : on détruit la forêt pour planter d’immenses surfaces de palmiers à huile.

En plus du désastre environnemental engendré, c’est toute la biodiversité qui est menacée : chassés de leurs terres, les orangs-outans notamment disparaissent petit à petit. Sans compter les conséquences sur la population locale !

La solution : privilégier les distributeurs et les fabricants qui travaillent avec de l’huile de palme bio et équitable, issue de palmiers de plantations respectueuses de l’environnement et de la santé.

Mais le problème est que la provenance de l’huile de palme est très rarement indiquée sur les produits. Au consommateur donc de se renseigner directement auprès du fabricant… en attendant la mise en place d’un label ou d’une certification !

Le savon de Marseille, ses principales utilisations

Depuis des siècles, on utilise le savon de Marseille à la fois comme produit d’hygiène, de soins et d’entretien. Il est particulièrement recommandé dans les cas suivants : pour laver la peau : mains, corps, visage, cheveux… et même dents ; pour désinfecter les plaies.

Au début du XXe siècle, d’ailleurs, on l’utilisait beaucoup dans les hôpitaux ; pour la lessive, notamment pour détacher et laver le linge des personnes à la peau sensible (comme les bébés) ou allergiques ; comme nettoyant ménager dans toute la maison : il lave, détache, dégraisse, assainit…

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